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centre de vol à voile de saint-florentin chéu

Le vol de pente

Van Gogh


A la fin de sa vie, Van Gogh a passé plus d'un an à Saint-Rémy, au pied des Alpilles. De son esprit embrumé par la folie, cette montagne et ses oliviers ont jailli dans un somptueux embrasement de couleurs. Un demi-siècle plus tard, des pilotes y ont ajouté leur sang.
S'ls ont choisi Saint-Rémy pour écrire ces glorieuses et tristes pages de l'histoire du vol à voile, c'est parce que les Alpilles barrent la route au Mistral et leur offrent le moyen de voler pendant plusieurs jours.

Les ascendances dynamiques

Sous l'effet du vent, une masse d'air qui rencontre un obstacle doit s'élever pour le franchir. Le courant ascendant permet au planeur de s'élever jusqu'à une hauteur proportionnnelle à la force du vent. La forme du relief est importante, un versant trop abrupt crée des tourbillons difficilement exploitables. Le pilote doit se garder de franchir la ligne de crête, car sur l'autre versant des courants rabattants peuvent le plaquer au sol.

Pour exploiter ce type d'ascendance, le pilote effectue des aller-retour le long de la pente. En conservant toujours le nez du planeur dans le vent, il applique une dérive qui l'empêche de traverser la ligne de crète. Cette dérive est d'autant plus importante et la vitesse d'autant plus élevée que le vent est fort.

Dans certaines conditions atmosphériques, il arrive que l'élévation de l'air, et donc son refroidissement, entraîne la formation d'un nuage.
Sur cette photo, le nuage forme une véritable calotte qui matérialise clairement l'ascendance dynamique générée par la pente.

En plus de l'ascendance dynamique, la pente peut créer un autre phénomène favorable au vol à voile: le flanc du relief peut se trouver mieux exposé aux rayons du soleil que les surfaces environnantes. Dans ce cas, il est le siège d'ascendances thermiques souvent puissantes.
La photo ci-contre illustre ce phénomène car les ascendances thermiques dûes à la pente sont matérialisées par la formation de nuages.

Les Alpilles, une pente magique... et historique

Cette photo montre pourquoi les Alpilles sont un lieu privilégié pour les vélivoles:

  • la forme du relief est arrondie, elle créé des mouvements ascendants réguliers,
  • l'orientation des rangées d'oliviers montre qu'elle est exposée perpendiculairement au vent dominant,
  • en soufflant avec force et régularité, le Mistral créé une aérologie très favorable aux longs vols.

Très tôt, les vélivoles ont voulu exploiter ces conditions exceptionnelles pour établir des records de durée des vols en planeur. En effet, alors que les vols en ascendances thermiques sont impossibles après le coucher du soleil, le vol de pente reste praticable la nuit.
Les résultats sont impressionnants:

  • record féminin en monoplace en janvier 48 par Marcelle Choisnet:19h50 sur Meise
  • record en monoplace en avril 52 par Charles Atger: 56h15 sur Air 100
  • record en biplace en avril 54 par Couston et Dauvin: 57h40 sur Kranich III
  • record féminin en biplace en décembre 54 par Garbarino et Mathé: 38h11 sur CM7
Ces tentatives de records ont été interdites en 1956 après la mort de Bertrand Dauvin. Il s'est tué en tentant de battre le record d'Atger.

Charles Atger, record du monde de durée: 56h15

Les photos ci-dessous montrent le départ, le vol et l'arrivée lors de son record en 1952.

Quand l'eau est trop froide pour se baigner...

Pour terminer ce chapître sur le vol de pente, voici un film qui démontre:

  • les qualités de vol de l'ASK 13 que nous utilisons à St Flo pour l'école en biplace,
  • les effets du vent sur des pentes même faibles,
  • ... et ce qu'il convient de ne pas faire en planeur !